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Bugaled Breizh. Ils veulent la vérité

6 octobre 2009

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Ce matin, la justice devra statuer sur la demande de complément d'instruction dans l'affaire du Bugaled Breizh. Une audience dont les parties civiles, soutenues par toute une population, attendent la transparence.

Ils n'oublieront jamais cette journée du 15 janvier 2004, mais attendent de pouvoir vivre en paix. Familles des victimes et armateur du Bugaled Breizh se rendent aujourd'hui à la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes. Une audience au cours de laquelle les juges examineront la demande de poursuite de l'enquête déposée par les parties civiles, après cinq ans d'instruction. Une demande qui, en l'espace de trois semaines, vient de bénéficier du soutien de plus de 7.000 personnes, signataires de la pétition lancée par les commerçants de l'Ouest-Cornouaille. Tous attendent, de cette journée de la dernière chance, la transparence et la publicité des débats.

Roger Gloaguen (commerçants de Cornouaille ouest). «On nous cache la vérité alors que tout le monde pourrait se faire un avis en ayant accès aux débats. Nous nous sommes mobilisés pour que l'audience soit publique. Et parce que nos politiques n'ont pas pris leurs responsabilités. Alors, on a fait de cette pétition un élan de solidarité.Villepin et Sarkozy se font un procès pour retrouver leur honneur, ça n'intéresse pas les Bretons. Ces 7.000 signatures montrent que c'est, par contre, le moment que les marins du Bugaled Breizh retrouvent leur honneur et leurs familles, la paix».

Michel Douce (armateur). «Ce que j'attends? Que les juges aillent enfin dans notre sens. Que l'affaire continue. Un non-lieu, pour nous, ce serait l'échec, même si jamais c'était le cas, on aurait encore quelques atouts en main. Une audience publique, ça représente pour nous un début de transparence. C'est l'envie des parties civiles mais aussi de toute une population de savoir... Il est grand temps qu'ils se décident à parler. Parce qu'il y a encore des questions auxquelles on n'a pas de réponse. À commencer par l'identité du sous-marin. Et puis il y a quelque chose qui m'échappe: pourquoi les Britanniques veulent enquêter sur des morts plus de cinq ans après le naufrage? En attendant, ça fait chaud au coeur d'avoir toute cette population derrière nous. J'espère fortement qu'ils en prendront conscience».

Rémy Gloaguen (frère d'une victime). «Soit ça s'arrête, soit ils décident de continuer. Mais si c'est le non-lieu, on ira plus loin. On n'a pas le droit d'abandonner. Je n'y crois pas vraiment au fond de moi: une commission rogatoire cinq ans après aux États-Unis ou en Russie, il ne faut pas rêver. Mais ça ne peut pas s'arrêter là. Il faut qu'on sache ce qui s'est passé. Mes espoirs portent davantage sur le procès en Angleterre. Les gens pourront parler. La justice française, je n'y crois plus trop après tellement de claques. Même si j'espère encore être surpris».

Robert Bouguéon (comité local des pêches). «Il faut que la cour aille dans le sens des parties civiles pour que l'enquête continue. C'est ce que j'espère. Si jamais c'était un non, évidemment que je serais déçu, surtout pour les familles qu'on a un peu oubliées dans l'affaire. Mais ce n'est pas pour ça que je baisserai les bras. Je suis malgré tout optimiste. Je pense que les juges iront dans notre sens, compte tenu du dossier. Peut-être aussi du fait des menacesde suppression du juge d'instruction. Et puis la pétition des commerçants, ça veut dire aussi beaucoup de choses. Au comité local on a plusieurs centaines de signatures à ajouter aux 7.000».

  • Propos recueillis par Jean Le Borgne
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