Centrale au gaz. Pas de débat public en vue pour la Bretagne
Hier la commission nationale du débat public (CNDP) a déclaré non recevable la demande déposée par le collectif Gaspare visant à organiser, autour du projet de centrale à gaz, un grand débat public.
Hier soir, les membres de Gaspare jugeaient cette décision «incompréhensible». Le collectif n'avait pas lésiné sur les moyens. «Nous avons fait appel à Horizons, un cabinet parisien spécialisé en environnement. Cette étude de 267 pages a été commandée au début de l'été. Elle nous a coûté plusieurs milliers d'euros. Elle a été financée grâce à des dons», explique Alain Le Suavet, un des responsables du collectif. Cette saisine avait été appuyée par le conseil général du Finistère, par quatre communautés de communes, ainsi que par une vingtaine de communes. La commission a estimé qu'elle ne pouvait se saisir «et a fortiori globaliser l'équipement industriel, la canalisation d'apport de gaz et l'extension de la ligne électrique d'exportation d'électricité pour considérer le coût global du projet». Si la commission s'était engagée favorablement, elle aurait pris en charge l'organisation et le financement de la campagne d'information. Des débats contradictoires publics animés par les porteurs de projets et les opposants auraient été planifiés.
Réunion publique le 21 à Guipavas
Pour Gaspare, la convention internationale d'Aarhus de 1998 sur «l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et l'accès à la justice en matière d'environnement», n'a pas été respectée. En France ce texte a débouché sur la création de la CNDP. Il stipule expressément dans son annexe 1 que les projets d'infrastructures ou d'équipements qui justifient l'organisation d'un débat public englobent «les centrales thermiques et autres installations de combustion d'un apport thermique d'au moins 50 mégawatts». Gaspare entend donc poursuivre ses actions au quotidien. Prochain rendez-vous, une réunion publique le 21octobre, à 20h30, à la salle Alizé de Guipavas à laquelle seront conviées toutes les collectivités ayant soutenu la saisine.
4 réactions
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Cousteau29
Je dénonce!
Si j'ai un peu suivi la genèse du volet "démocratie" de ce projet, il saute aux yeux que la démocratie n'est pas ce qui ressort de plus glorieux dans cette affaire. En effet, et pour faire simple, si on reprend depuis le début:
1 - Le fameux pacte de J.Y. le Drian, président du conseil régional, a été signé par lui et l'Etat avant que le conseil régional ait pu le consulter et émettre le moindre amendement.
2 - De même, avec "précipitation" le CESER avait été court-circuité (pour gagner du temps?) même s'il n'avait qu'un avis consultatif.
3 - Le SDEF, par son président Antoine Corolleur conseiller régional, avait avalisé en catimini (pour gagner du temps?) le projet sans que son assemblée ait été consultée. Il a fallu rétroactivement ne pas perdre la face et avaliser collectivement.
4 - La CNDP a, par erreur, envoyé un premier avis négatif avant que ses membres aient pu prendre connaissance du dossier (!) Pour reprendre une expression lue dans un commentaire, les dés étaient déjà pipés.
5 - Le code de l'environnement tacle la convention internationale d'Aarhus concernant les centrales thermiques en scindant les coûts afin de rendre les demandes de saisines non opérantes.
6 - Une demande de saisine doit être déposée dans les 2 mois suivant l'appel d'offres et dans le même temps le coût de l'installation ne sera rendu public que plusieurs mois après par le candidat. Même en se basant sur des constructions identiques, le coût n'est pas recevable... Comprenne qui pourra.
Là, à l'évidence ce ne sont pas des coïncidences mais ça semble bel et bien un saucissonnage afin d'éloigner toute velléité à l'encontre des constructions de centrales thermiques et donc je dénonce un flagrant DENI DE DEMOCRATIE de la part d'élus PS régionaux et UMP du gouvernement. Pour des donneurs de leçons au peuple à la veille de présidentielles, c'est gravissime!
Ajouté le 8 octobre 2011 à 17h15
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Woque
heuuu
un minimum de sobriété et de volonté nous permettrait d'éviter de débattre sur une chose complétement absurde et inutile...
C'est triste de devoir aller aussi loin pour tenter d'éviter ce désastre...
Ajouté le 6 octobre 2011 à 17h43
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grobiz
Etonné...
...devant la méfiance sinon l'hostilité de certains au projet.
Il me semblait évident de chercher à diminuer la dépendance énergétique de la pointe bretonne. D'autre part les impacts environnementaux d'une centrale à gaz sont faibles et bien connus...alors? Peur pour ceux qui l'auront, jalousie pour les autres...?
Ajouté le 6 octobre 2011 à 15h24
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Cousteau29
Manipulation "technocratique" anti démocratique
La demande de saisine auprès de la CNDP a été rejetée. La voilà la dernière "embrouille" concernant le blocage des oppositions à ce projet de centrale: Sous prétexte que le coût du rallongement du gazoduc et que le coût du raccordement THT ne seraient pas liés au coût de l'implantation de la centrale thermique à gaz, le coût global du projet n'atteindrait pas le niveau requis. Coût bien sûr supporté par l'Etat c'est-à-dire nous... Quelle belle manipulation: Imaginer que construire une centrale de production électrique à partir de gaz n'intègrerait pas ces deux raccordements obligés précités est tout simplement se moquer du monde! On peut maintenant douter de l'indépendance de la CNDP. Dire qu'il y a plusieurs centrales déjà construites en France et plusieurs autres projets en cours (40 au total) et qu'aucune n'a fait l'objet d'une saisine ne veut rien dire, c'était une première et de la part de citoyens et à l'évidence elle gêne.
Que le Medef se réjouisse de cette décision est dans la même ligne que le souhait de la CCI d'avoir 2x400 MW au plus vite dans l'aire de Brest.
Méfions nous, si la voie démocratique est interdite aux légitimes questions énergétiques et environnementales posées par des associations, un collectif, plusieurs communautés de communes et communes, de maires de toutes tendances, par le conseil général etc... Ne pas s'étonner si un durcissement apparait. Un rapport de force n'est pas souhaitable, mais si la population est méprisée, ne pas oublier qu'il y a eu des précédents en Bretagne. Alors les responsables se reconnaitront ou seront désignés.
Ajouté le 6 octobre 2011 à 08h11
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