7 août 2009
Comme toujours, le lieu est parfaitement éclairé par Jean-Paul Gloaguen. En véritable artiste du genre qu'il est, il a créé une ambiance intime, propice à l'écoute du piano. Sous les applaudissements, François-Frédéric Guy s'installe au clavier. Premier bonheur de la soirée, la Sonate n°15, dite Pastorale (ou Grande Sonate), déroule ses heureux climats. Le jeu clair, simple presque dépouillé du pianiste, sert à merveille la partition de Beethoven. Guide sûr et sans faille, il nous entraîne au sein d'une nature apaisée. De temps à autre, tout comme le faisait à son époque le pianiste canadien Glen Gould, François-Frédéric Guy chantonne. C'est très émouvant de le voir ainsi complètement investi dans sa musique. Une «image» sans doute réservée aux auditeurs des premiers rangs! L'Andante est comme une marche sérieuse, versatile, parfois. La joie simple, revient avec le Scherzo. Le Rondo Allegro final est comme une dernière ballade aux allures presque romantiques. Puis, un instant, tout s'apaise, moment de calme, de plénitude, qui donne toute sa force à la note finale.
Un hommage
Si le public, unanime, applaudit cette première sonate et s'en émerveille, à juste titre, la Sonate n°4 d'Horacio Radulescu, malgré les explications claires du pianiste, va diviser l'auditoire. Certains, peu curieux voire rétifs, n'oseront pas se laisser aller à cette musique étrange, percussive souvent, mécanique parfois, qui parle du chaos du monde d'aujourd'hui. François-Frédéric Guy met toute sa virtuosité au service de cette belle sonate, pleine de couleurs, d'inventions. Pour l'occasion, il a retrouvé sa partition, peu avant le concert, il nous avait confié que celle-ci lui était indispensable en matière de musique contemporaine... «Un pianiste est comme un acteur, il n'a pas besoin de livret lorsqu'il joue. Sans partition, je peux me concentrer sur mon monde intérieur, par contre, lorsque je joue de la musique contemporaine, elle me rassure!»
Appassionata
Pour terminer, François-Frédéric Guy nous livre sa vision de la célèbre Appassionata de Beethoven. Virtuose, mais pas seulement, il traduit parfaitement, faisant chanter son piano, la passion du magnifique Allegro Assai. On vibre, à l'écoute de ce mouvement qui trouve ici ou là les mêmes accents que l'Héroïque, symphonie dédiée en première intention à Bonaparte (Beethoven changera sa dédicace lorsque celui-ci deviendra Napoléon). Après ce fougueux mouvement, le calme, la lumière imprègnent la musique. Penché sur son clavier, complètement dans sa musique, le pianiste nous promène, d'un thème à un autre. C'est toujours parfaitement musical, merveilleusement cohérent, plein d'images, de sentiments et d'émotion. Pas moins de trois bis clôtureront la soirée, comblant ainsi le public.