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Langues régionales. Jean-Jacques Urvoas dénonce la "duplicité" française

3 février 2012 - 8 réactions

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"En finir avec l'exception française" : les socialistes Jean-Jacques Urvoas et Armand Jung, ne mâchent pas leurs mots dans un essai sur les langues régionales. Les deux députés dénoncent "la duplicité" d'un pays donneur de leçons.

Pourquoi ce livre aujourd’hui?
Vu les fortes préoccupations économiques et sociales actuelles, il y avait la crainte que le sujet ne soit pas abordé pour les présidentielles. Or le problème des langues régionales est révélateur de ce que doit être la République. Le sujet est symbolique d’une façon de concevoir le vivre ensemble. Nous espérons que ce travail fera gagner du temps à la prochaine législature de gauche sur le chantier des langues. Le travail est là, il suffit de le transformer en loi.

Quels arguments développez-vous?
Je suis contre le culte du monolinguisme qui est un gâchis intellectuel. Au niveau européen, il y a une arrogance française qui conduit à exiger des autres ce que l’on ne fait pas soi-même. Il y a là une vraie duplicité que l’on peut illustrer avec la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. Le refus de la France de reconnaître l’expression de la diversité culturelle et linguistique contribue à l’isoler sur la scène internationale.

Il y a eu des évolutions institutionnelles?
La gauche au pouvoir a fait plus de choses avec Mitterrand, Lang, Jospin. On peut juste créditer à la droite l’inscription dans la Constitution du fait que «     les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France     ». Cela s’est avéré stérile.

Il y a un consensus à gauche pour avancer
?
Non. Je pense qu’il y a au PS plus d’opposants à une loi que de partisans. Mais cela progresse car les avancées déjà obtenues n’ont pas eu les effets redoutés par certains. La République ne s’est pas délitée. Mais il y a des députés socialistes, même en Bretagne, qui sont d’indécrottables jacobins. Peut-il y avoir un accord avec les défenseurs des langues de droite? Il peut y avoir des majorités d’opportunité. Mais je ne crois pas à la force d’un mouvement transversal car nous ne construisons pas le même projet de société.

Les échéances électorales à venir sont importantes
?
Décisives. Depuis que l’armée de conscription a disparu, on voit aujourd’hui que l’Éducation nationale est le dernier creuset du culte du monolinguisme, cette chimère de l’uniformité. Je ne croix pas François Hollande, frileux sur la question. Il ne confond pas égalité et uniformité. Il aura peut-être l’occasion d’en parler à son retour en Bretagne le 20 mars.

«     Langues et cultures régionales. En finir avec l’exception française     ». Édition Jean Jaurès Fondation. 140 pages. 6 €.

  • Recueilli par Ronan Larvor
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8 réactions

  • wly_29
    Ne pas mettre ses fautes d'orthographe dans la bouche des autres
    "Je ne croix pas François Hollande, frileux sur la question." La croix de certains bretons semble encore être le français... De plus cette ponctuation mal à propos, fait dire à M. Urvoas exactement le contraire de ce qu'il pense : - 1 : il ne croirait pas M. Hollande ? (qui pourrait ne pas croire un politique d'abord...) - 2 : M. Hollande serait frileux sur la question. PS : M. le modérateur (ou Mme...) merci de me donner une vraie raison si ce message n'est pas acceptable, car je n'y vois rien de contraire à votre charte. De plus dans la charte : "- de respecter les discussions engager, sans émettre de messages de dérision ou hors sujet." engagées serait PE plus grammaticalement correct.
    Ajouté le 3 février 2012 à 22h47
  • diogène 29
    Avec 50 mille locuteurs
    Le "Romanche" fait partie des quatres langues officielle de Suisse. Il semble que nos politiciens nous prennent pour moins que des "Grisons". Mais attention au coup de pied électoral de l'âne, car la politique de la carrotte et du "pen baz", çà suffit....
    Ajouté le 4 février 2012 à 03h47
  • le du
    D'accord avec Breizhoo29
    Moi, de mère bas-bretonne, j'ai grandi à paris, autrefois de gauche, aujourd'hui surtout Breton-européen !! Na ruz na gwen da c'hentan, Breizhad surtout'.
    Ajouté le 3 février 2012 à 22h35
  • le du
    comme ailleurs
    .. en europe, il faut une télé 24/24h pour une langue locale et le bilinguisme français-langue rég. automatique de la maternelle au collège. Depuis des décennies en lv2 au collège, l'espagnol ou l'allemand sont obligatoire, mais la langue régionale ne l'est pas et se meurre..paradoxe insupportable qui va à l'encontre de l'égalité, la diversité...les droits de l'homme !
    Ajouté le 3 février 2012 à 20h25
  • botul
    çà lui va bien...
    de dire çà ... quand Le Fur propose un truc il vote contre ( et réciproquement) ;-(((
    Ajouté le 4 février 2012 à 07h44
  • bertrand 29
    Pourquoi ce livre aujourd'hui ?
    ...parcequ'il y a des élections ! Une fois élus, au chaud à Paris ils oublient tous leurs belles promesses !
    Ajouté le 3 février 2012 à 18h18
  • breizhoo29
    Quand le réveil sonne trop tard
    Je connais de loin, il est vrai, jean-Jacques Urvoas. Grand ami de Bernard Poignant, ce qui jette un soupçon sur son réel attachement à la culture bretonne, et tout particulièrement à la langue. Messieurs les socialistes, vous êtes arrivés à devenir écoeurants à nous gaver de promesses on tenues avant les élections. Si vous étiez tellement attachés à notre culture, notre langue serait déjà reconnue, vous en avez eu tant le loisir après 1981. Au 2 eme tour, si vous y êtes ( sûrement face au FN ) j'irais vous défendre comme vous avez défendu la langue bretonne, bien calé dans mon canapé. Désolé mais ça fait trop longtemps que vous nous menez en bateau...qui coule. Et pourtant mes orientations politiques étaient à gauche, aujourd'hui elles sont en Bretagne. Gardez votre salive au lieu de continuer à nous fatiguer nerveusement.
    Ajouté le 3 février 2012 à 21h33
  • gazarelle
    UNE ET INDIVISIBLE . . . ! !
    Monsieur Urvoas, peut-être n'étiez vous pas à la rencontre avec F. Hollande à Quimper? . . ou peut-être étiez vous distrait et ne l'avez vous pas entendu dire que "il n'y aurait pas de décentralisation spécifique pour la Bretagne, car la France est une et indivisible" . . . Il me semble que si Hollande s'est contenté de répondre cela à la question sur la "géographie" bretonne, on a tout lieu de penser qu'il en sera de même pour la langue bretonne. Et par la même occasion, pour ma part, le jour du 2ème tour, j'irai à la pêche . . ! ! CA SUFFIT ! ! F. Hollande a cependant encore une possibilité de rattrapage lorsqu'il viendra à Rennes, après, il sera trop tard !
    Ajouté le 5 février 2012 à 05h13

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