2 octobre 2009 à 11h52
Le GIPN en renfort encadrant et séparant les accusés, un box modifié, une rue interdite au stationnement... Le procès du meurtre de Bernard Algret s'est ouvert ce matin, pour trois semaines, à Quimper. Sous haute surveillance. Les membres du jury ont été tirés au sort. Il s'agit de cinq hommes et quatre femmes. Un premier incident de séance s'est produit à 15 h 15, obligeant le président de la cour à faire évacuer les accusés. Les débats ont repris à 16 h.
«S'il n'y a pas de mort, ce sera déjà bien. Nous avons vraiment affaire à des gens très dangereux. C'est le milieu nantais par excellence. Tous ont des contacts à l'extérieur». Planté par un avocat, le décor fait froid dans le dos. Comme la déposition de cet accusé qui a signalé qu'un contrat courait sur sa tête et qu'il avait échappé à plusieurs tentatives de meurtre en maison d'arrêt.
Le tribunal de Quimper s'apprête à accueillir une affaire comme il en a rarement vue ces dernières années. «Des truands, pas des enfants de choeur», avait osé l'ancien procureur de Quimper, Anne Kayanakis, lors de leur interpellation. Trois ont déjà comparu devant une cour d'assises. Des durs de durs, acoquinés au milieu nantais avec ce que cela implique comme prostitution, blanchiment d'argent ou règlements de comptes.
Une animosité les oppose
Des personnalités et un passif qui classent ce procès à haut risque. D'autant plus qu'une véritable animosité les oppose. Les confrontations devant le juge d'instruction en attestent. Même incarcéré, «Tonio» inspire toujours la crainte. Or, des témoignages pourraient le faire tomber. Notamment celui de «Jo».
La semaine dernière, «Chiffon», Christian Soler, incarcéré à Ploemeur, a lancé la première salve. Il s'est fendu d'une lettre à notre rédaction. Onze pages de sa version des faits, dans lesquelles il innocente «Tonio» et fait porter le chapeau à «Jo», qu'il qualifie de faux «repenti de dernière minute». «Ce monsieur disait bien que sa spécialité pour faire parler les femmes était le fer à repasser bien chaud et pour les hommes, la perceuse», écrit-il à son sujet.
Puis, à propos des coups portés à Algret, il évoque «des coups de pied au visage, comme des penalties. J'ai même vu Jo sauter dessus à pieds joints sur le thorax. C'était lui le patron». Les débats promettent. En terme de sécurité, la discrétion est de mise. On sait cependant qu'un groupe du GIPN sera présent aux côtés de nombreux policiers finistériens, notamment ceux de la nouvelle section départementale d'intervention.
Un deuxième box des accusés a été créé. Ils seront trois dans le premier, deux dans le second. Bien encadrés par les forces de l'ordre. Durant les pauses, chacun sera conduit dans un endroit différent du bâtiment.
Stationnement interdit, couloirs condamnés
Autres mesures, le stationnement sera interdit rue du Palais, des couloirs jouxtant la salle d'assises seront condamnés, les autres axes seront «nettoyés», comprenez vidés de tout mobilier pouvant servir de cache ou entraver une poursuite.
Le tribunal ne ressemblera pas pour autant à une forteresse. Les activités habituelles se poursuivront. «Ces gens sont dangereux, mais ce n'est pas le GIA qui est jugé, tempère le procureur de Quimper, Eric Tuffery. Le procès est public. On ne peut pas interdire l'accès. Forces de l'ordre, portique, la sécurité sera adaptée».
Et la protection des jurés ? «Nous y avons réfléchi, mais je ne pense pas qu'il y ait un risque pour eux, reprend le procureur. Si certains se sentent suivis, un dispositif adapté pourra être envisagé».
Les coassusés évacués
Un premier incident de séance s'est produit à 15 h 15. A l'évocation du contexte de l'affaire, Antonio Freitas s'est énervé et a commencé à crier. Il a réclamé la venue du juge d'instruction, Richard Foltzer. Puis le ton est monté entre les accusés, obligeant le président de la cour à faire évacuer les intéressés par le GIPN. Les débats ont pu reprendre vers 16 h.
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