30 juillet 2009
Quel est votre cheminement?
Je suis né à Nantes d'une famille quimpéroise. En 1974, après une maîtrise d'histoire à Nantes, je suis allé au Liban poursuivre mes études. La guerre civile débutait l'année suivante. J'ai dû partir et je me suis retrouvé fin 1975 à Jérusalem. C'est là que j'ai découvert le monde orthodoxe.
Comment cela s'est-il passé?
Je suis issu d'une famille bretonne catholique classique. J'avais aussi rejeté cette dimension religieuse comme beaucoup de jeunes de 20 ans. À Jérusalem, où je suis resté trois ans, j'ai été invité par les voisins, les amis, à des baptêmes, des mariages dans l'église orthodoxe. Je m'y sentais bien. Je n'ai pas compris ce qui m'arrivait. J'ai découvert une autre histoire du christianisme, une autre pratique. À Jérusalem, j'étais étudiant à l'école biblique et archéologique française. Le monde orthodoxe a rythmé ma vie pendant ces trois ans.
Vous êtes rentré en France?
Je suis rentré en France, j'ai travaillé dans l'édition de livres scolaires à Genève, avec de nombreuses missions en Afrique. J'ai eu une carrière de Breton nomade. Fin 2007, je suis revenu à Quimper. Je connaissais le père Siméon, un prêtre orthodoxe duMans. Il est originaire du Guilvinec et il avait pris l'habitude de réunir quelques orthodoxes cornouaillais lors de ses passages. Je me suis impliqué dans la petite communauté locale. Elle utilise la chapelle de Plonivel, prêté par le curé de Loctudy avec l'aval de l'évêché. Les relations sont bonnes avec les autorités catholiques.
Quand êtes-vous devenu prêtre?
J'ai accepté la charge après avoir vu l'évêque à Paris. Je suis devenu diacre en 2008 et prêtre en février dernier. Les prêtres orthodoxes peuvent être mariés et ils ont tous un travail. C'est une mission bénévole. Nous avons réuni près de 100 personnes pour la première fois à Pâques à Plonivel.
Allez-vous installer une paroisse à Quimper?
Nous nous sommes mis à la recherche d'un lieu plus central à Quimper car nous accueillons des personnes de toute la Cornouaille. Nous devrions pouvoir utiliser une chapelle de Quimper dès le mois de septembre.
Qui sont les orthodoxes en Bretagne?
Une première paroisse a été créée à Nantes dans les années 1930 autour des émigrés travaillant dans les chantiers navals. Le premier Français de souche devenu prêtre orthodoxe y était installé. Il s'agissait d'un ancien officier de marine qui avait beaucoup voyagé au Moyen-Orient. Au début des années 1980, une autre paroisse a été créée à Rennes, puis il y a dix ans à Lannion, où le prêtre est un professeur du lycée Diwan. Brest a ouvert il y a huit ans, mais sans prêtre à demeure. Enfin, depuis le début de cette année, il y a une paroisse à Saint-Brieuc. En Cornouaille, il y a eu longtemps une pratique itinérante, à Pont-l'Abbé, Quimper, Penhors à Pouldreuzic. À noter Les prochaines célébrations auront lieu à la chapelle de Plonivel, route de Loctudy à Plobannalec, le jeudi 6août à 10h30 et le dimanche 16août, à 10h30. Contact: 06.08.54.72.96; orthodoxequimper @gmail.com; http://www.orthodoxe quimper.fr/.